Accueil > EPM : Contre les établissements pénitentiaires pour mineurs > ACTUALITES sur les EPM > Exigeons la fermeture des prisons pour mineurs

Premier anniversaire des EPM

Exigeons la fermeture des prisons pour mineurs

mercredi 1er octobre 2008, par gd44

En Juin, à l’initiative du SNPES-PJJ, un texte co-signé par le syndicat de la magistrature, le syndicat de avocats de France, les éducateurs PJJ-CGT et la LDH, paraissait dans la presse pour obtenir la fermeture des EPM, un an après l’ouverture de Meyzieu et Lavaur... Revue de presse

Plusieurs syndicats appellent à la fermeture des établissements pénitentiaires pour mineurs

LEMONDE.FR 23.06.08

"Explosive." Telle est la situation dans les établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM), d’après le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France, la Ligue des droits de l’homme et deux syndicats d’éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (SNPES-FSU et CGT). Et un an après l’ouverture du premier établissement de ce genre, ces syndicats lancent un appel à leur fermeture.

Programmés dès 2002, ces centres étaient censés apporter une réponse éducative en milieu fermé aux jeunes délinquants. Au 1er juin 2008, sur les 760 mineurs détenus, 180 le sont en EPM – les autres étant incarcérés dans les quartiers pour mineurs des prisons. La durée moyenne d’incarcération avoisine les deux mois et demi.

Spécificité de ces EPM : les enfants doivent suivre un certain nombre d’activités (20 heures de cours, 20 heures de sport et 20 heures d’activités socio-éducatives par semaine). Et l’encadrement y est plus important : six éducateurs et six surveillants veillent en moyenne sur dix adolescents âgés de 13 à 18 ans.

"ENVOYER UN ENFANT EN PRISON EST TOUJOURS UN ÉCHEC"

Mais selon les syndicats, un an après, le compte n’y est pas. Les actes de violence sont en nombre croissant, les règlements de compte entre bandes rivales se poursuivant notamment au sein de ces établissements. Et rien ne prouve que le taux de récidive à la sortie de ces EPM soit réellement plus faible. D’autant que, d’après les syndicats, tout chiffre tentant de rendre compte de l’efficacité de ces centres serait sujet à caution, les mineurs incarcérés dans ces établissements étant les moins difficiles – ceux qui posent davantage de problèmes sont envoyés dans les quartiers pour mineurs.

Autre élément au passif de ces centres : le suicide d’un jeune de 16 ans à l’EPM de Meyzieu (Rhône), en février 2008 (le dernier suicide de mineur remontant à 2004). Enfin, les professionnels regrettent que ces EPM soient si peu accessibles et très mal desservis par les transports en commun. Résultat : le lien entre les enfants incarcérés et leurs familles se maintient difficilement.

Forts de ce constat, les syndicats dénoncent la politique répressive de gouvernement. "Envoyer un enfant en prison est toujours un échec", pense Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature. Pour elle, la répression n’a jamais prouvé son efficacité :

Autre inquiétude : le sort des hébergements classiques en milieu ouvert pour mineurs délinquants, alors que la politique répressive tend à favoriser le recours à l’incarcération (+ 6 % entre 2007 et 2008). Les syndicats s’inquiètent de voir s’effriter les moyens consacrés à ces solutions non-carcérales, sachant que plus de 90 millions d’euros ont été dépensés pour bâtir les six EPM actuellement en service.
Constance Baudry

Etablissements pour mineurs : un appel pour leur fermeture

NOUVELOBS.COM | 23.06.2008

Les syndicats dénoncent une "banalisation de l’enfermement" contraire à l’esprit de l’ordonnance de 1945. Environ 180 mineurs âgés de 13 à 18 ans sont incarcérés dans six EPM, des structures qui associent détention et suivi socio-éducatif.

Plusieurs syndicats de magistrats, d’éducateurs et d’avocats ont lancé lundi 23 juin un appel à la fermeture des établissements pour mineurs (EPM). Les syndicats leur reprochent une "banalisation de l’enfermement" contraire à l’esprit de l’ordonnance de 1945. 180 mineurs ont été incarcérés dans les six établissements pour mineurs depuis un an.
Ces jeunes, âgés de 13 à 18 ans sont incarcérés dans six EPM, des structures qui associent détention et suivi socio-éducatif. Les premières ont été ouvertes en juin 2007. Un septième centre doit ouvrir en Seine-et-Marne d’ici fin 2008.

"Effets destructeurs de l’enfermement"

Le Syndicat de la magistrature (SM), le Syndicat des avocats de France, la Ligue des droits de l’Homme et deux syndicats d’éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (SNPES-FSU et CGT), ont tiré lundi "un bilan critique" des EPM lors d’une conférence de presse à Paris.
Les EPM représentent "une banalisation de l’enfermement" des mineurs et "une négation complète des principes de l’ordonnance de 1945", qui institue "une primauté des réponses éducatives sur toute autre", a affirmé Hélène Franco, du SM.
Maria Inès, du SNPES, a dénoncé "les effets destructeurs de l’enfermement" qui "produit toujours des violences".
Les syndicats ont mis en avant l’apparition de "phénomènes de bandes" au sein des EPM, les agressions contre les personnels, à la fois éducatifs et pénitentiaires, qui y travaillent, ainsi que le suicide d’un adolescent de 16 ans en février à l’EPM de Meyzieu (Rhône).

"Redéploiement des budgets"

Dans une tribune parue dans Libération lundi, les organisations ont appelé "à leur fermeture et au redéploiement des budgets au bénéfice des structures réellement éducatives".
Pour le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier, "fermer les EPM serait un paradoxe". "Avec les EPM, la France s’est mise en conformité avec les règles pénitentiaires européennes édictées par le Conseil de l’Europe. Ils représentent un immense progrès parce qu’ils permettent une séparation totale des mineurs avec les adultes, un accès à l’enseignement et aux services sociaux, psychologiques et éducatifs", a insisté Guillaume Didier.

Des syndicats appellent à la fermeture des établissements pénitentiaires pour mineurs

PARIS (AFP)

Des syndicats de magistrats, avocats et éducateurs ont appelé lundi à la fermeture des établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM), ouverts dès 2007 et accusés de "banaliser" l’enfermement des jeunes, alors que le gouvernement y voit un "immense progrès".

Ouverts progressivement depuis juin 2007, six EPM sont aujourd’hui en activité et la mise en service d’un septième est programmée d’ici fin 2008 à Meaux (Seine-et-Marne).

Les établissements de Lavaur (Tarn), Meyzieu (Rhône), Quiévrechain (Nord), Marseille, Orvault (Loire-Atlantique) et Porcheville (Yvelines) renferment actuellement 180 mineurs de 13 à 18 ans.

La durée moyenne d’une détention en EPM est de deux mois et demi, selon les syndicats d’éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Décidée par la justice, la peine purgée par un mineur en EPM doit combiner détention et suivi socio-éducatif en vue d’une réinsertion.

A leur ouverture, les EPM devaient permettre de "faire sortir les mineurs des prisons pour adultes" et de "faire tourner la détention autour de la salle de classe", selon le ministre de la Justice d’alors, Pascal Clément.

Un suicide de mineur à Meyzieu, une double évasion à Marseille, des "demandes massives de mutation" chez les éducateurs, des "phénomènes de bandes" et des "violences" : c’est un bilan critique d’un an d’EPM qui a été dressé lundi par le Syndicat de la magistrature (SM), celui des avocats de France (SAF), la Ligue des droits de l’Homme et deux syndicats d’éducateurs (SNPES-PJJ-FSU et CGT-PJJ).

Les EPM représentent "une banalisation de l’enfermement" des mineurs et "une négation complète des principes de l’ordonnance de 1945" sur la délinquance juvénile, qui institue "une primauté des réponses éducatives sur toute autre", a affirmé Hélène Franco, du SM.

Maria Inès, du SNPES, a dénoncé "les effets destructeurs" de la détention qui "produit toujours des violences" et empêche une réinsertion efficace et une prévention de la récidive.

Alain Dru, de la CGT-PJJ, a pointé des EPM "extrêmement mal desservis" par les transports en commun, ce qui fragilise les relations familiales ou encore un manque d’éducateurs de sport alors que vingt heures hebdomadaires doivent y être théoriquement consacrées.

Alors que l’actuelle garde des Sceaux Rachida Dati voit dans les EPM "un outil tout à fait adapté aux nouvelles formes de délinquance des mineurs", pour Céline Curt, du SAF, ils n’ont rien d’une "solution magique".

En "rapprochant les mineurs du régime juridique des majeurs", ils signent même un retour à la philosophie des "colonies pénitentiaires" et "bagnes pour enfants" qu’avait supprimés l’ordonnance de 1945, a estimé Me Curt.

En plus de la fermeture des EPM, dont la construction a coûté 100 MEUR, les syndicats ont réclamé un "redéploiement des budgets au bénéfice des structures réellement éducatives".

Pour le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier, "fermer les EPM serait un paradoxe". En les ouvrant, "la France s’est mise en conformité avec les règles pénitentiaires européennes édictées par le Conseil de l’Europe" qui exigent "une séparation totale des mineurs avec les adultes" ou encore "un accès à l’enseignement et aux services sociaux, psychologiques et éducatifs".

Tout en évoquant des "adaptations" nécessaires, le représentant de la Chancellerie a qualifié les EPM d’"immense progrès".

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?