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SUICIDE A l’EPM DE MEZIEU

Revue de presse : Julien, Manif, Ministre - Le 9 février 2008

les dernières informations

dimanche 10 février 2008, par gd44

dans libération Lyon

1 article sur le parcours de Julien : comment arrive t-on en EPM

1 article sur la visite de Rachida Dati

Sur FR3 Rhône Alpes, un reportage sur la manifestation et la visite de la Ministre de la justice. Hallucinant ! : "tous les jeunes sortent d’EPM avec un projet et n’y reviennent pas dans les 7 ans" dit elle !Alors que les EPM ont 7 mois d’existence, et que le taux de récidive des mineurs incarcérés est de 90% (source Le Monde 4 juillet 2007)

http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2008/02/retour-sur-la-v.html

Retour sur la vie de Julien, qui s’est pendu en prison à Meyzieu

On dirait une chambre d’enfant. Un lit bateau en bois, un poster de Charlot au mur, un singe en peluche près de l’oreiller. Julien avait 16 ans. Il s’est pendu samedi 2 février, dans sa cellule de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu (lire). Il y était incarcéré depuis un mois et demi. Rachida Dati, en visite ce samedi à l’EPM, a demandé une enquête administrative. Le père de Julien aussi veut comprendre. Pourquoi son fils est mort dans cette prison, pourquoi il y est resté malgré plusieurs tentatives de suicide...

Julien, 16 ans depuis septembre, est né d’un père qui s’appelait Mohamed mais a changé pour Sébastien, et d’une mère fragile, partie lorsque l’enfant avait huit mois. Elle a voulu le revoir, lorsqu’il avait 9 ans, mais il a refusé, a sauté par la fenêtre le jour où elle est venue. Il vivait chez son père et sa belle-mère, avec ses quatre frères, dans une assez grande maison d’un lotissement de Montélimar. « Il ne parlait pas beaucoup, dit Sébastien, technicien en radio protection dans des centrales nucléaires. Il était moyen à l’école, mais poli, respectueux. Il était gâté à la maison, il ne manquait de rien. » De rien sauf d’une mère.

Tentatives .

Les actes de petite délinquance ont commencé voilà quatre ans, le père datant précisément la rupture. « En cinquième, raconte-t-il, il a fait une bêtise. Il a baissé son pantalon dans la cour. Le collège m’a prévenu. » Et le soir, Sébastien a frappé son fils. Celui-ci s’est plaint le lendemain à l’infirmerie du collège. « Une assistante sociale est venue à la maison, poursuit Sébastien. J’ai été convoqué par un juge pour enfant. » Une mesure d’éducation en milieu ouvert a été décidée et le père s’est senti destitué. « J’avais perdu toute crédibilité, dit-il. Je ne pouvais plus intervenir. Si je me fâchais, il me disait que je n’avais pas le droit. »

Le garçon entame un parcours de petit voyou. Vole un scooter un jour, casse une vitre le lendemain pour piquer un CD, dérobe du linge dans un jardin. Le juge l’envoie chez un psychiatre, mais Julien ne parle pas. « Plus personne n’avait de prise, dit le père. Il faisait n’importe quoi pour se faire remarquer. Je savais que c’était des appels au secours, mais comment l’aider ? » Les convocations au commissariat se multiplient, sans conséquence, puis l’addition tombe, à l’automne 2007. Julien, 16 ans depuis septembre, écope de deux mois de prison ferme, le 28 novembre.

Un aménagement de peine est cependant envisagé pour lui éviter l’incarcération. Mais le procureur en décide autrement. Après un incident dans le centre de placement immédiat où se trouve Julien, il l’envoie à l’EPM de Meyzieu. La loi Perben II de mars 2004 autorise le parquet à passer outre l’avis des juges et des éducateurs pour envoyer un mineur en détention, en cas « d’urgence motivée par un risque pour les personnes ou les biens ». Alain Fort, l’avocat de la famille, dénonce « l’utilisation croissante de ce texte épouvantable pour contourner les aménagements de peine ».

Julien se démet l’épaule au bout de quelques jours. En essayant de se pendre, expliquait lundi la direction interrégionale de l’administration pénitentiaire. L’administration centrale affirme à présent qu’il avait glissé. Elle indique en revanche qu’une tentative a bien eu lieu le 26 décembre. Le père est prévenu par les médecins. Il obtient un premier permis de visite le 5 janvier. « Julien ne supportait pas d’être là-bas », dit-il.

e garçon change quatre fois d’unité de vie. « Les personnels ont bataillé pour essayer de le sauver, affirme l’administration pénitentiaire. Il était dans la transgression absolue, dans la volonté suicidaire maximale. » Un EPM était-il l’endroit idéal, pour un adolescent suicidaire ? Dès le 14 janvier, une place est réservée pour Julien dans un centre éducatif renforcé, en Haute-Loire. « Il m’en a parlé la dernière fois que je l’ai vu, raconte le père. C’était le 16janvier. C’était une question de jours, il avait hâte de partir. Pour la première fois, il m’a fait des excuses pour tout ce qui était arrivé. Je suis reparti soulagé. »

« Privé de parloir ».

Neuf jours plus tard, Julien est toujours à l’EPM. Il met le feu à ses vêtements et sa cellule prend feu. L’administration pénitentiaire envoie alors une lettre au père pour lui demander s’il a une assurance, et Julien passe devant un juge, qui prend un mandat de dépôtest décidé. Il ne peut plus quitter l’EMP. « Le vendredi qui a suivi, une éducatrice m’a téléphoné, raconte le père. Elle m’a expliqué que Julien était privé de parloir pour une semaine. » L’administration conteste ce point. Le lendemain, un surveillant a découvert l’adolescent à midi, un drap serré autour du cou. Le père a passé son dimanche auprès de lui. « Il semblait dormir, raconte-t-il. Son cœur battait encore, mais son cerveau était mort. » Il a prévenu la mère, qui a pu passer l’après-midi auprès de ce fils qu’elle n’avait jamais revu. Puis lundi, le père a demandé aux médecins de débrancher les appareils qui maintenaient leur fils en vie.
Ol.B.
Libératon lyon 9/02/08

http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2008/02/dati-la-prison.html

Dati à la prison de Meyzieu : rien de nouveau à l’ombre

La Garde des Sceaux, Rachida Dati , s’est rendue samedi après-midi à l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu, à côté de Lyon. Un prison où un adolescent s’était pendu une semaine plus tôt. La ministre voulait "soutenir l’ensemble des personnels". Les nombreuses questions que se posent les adultes qui travaillent à l’intérieur ne l’ont visiblement pas effleurée. Elle ne pointe aucun dysfonctionnement. "Leur travail et la structure de l’établissement" ne sont "absolument pas remis en cause". L’EMP est "adapté"...

Les personnels s’interrogent heureusement un peu plus. Depuis l’ouverture du centre, en juin 2007, ils ont "réduit un peu la voilure". Au départ, les adolescents suivaient des activités de 9h du matin à 8h du soir. Soixante heures au total par semaine, ce qui était "très violent pour certains jeunes livré au désoeuvrement jusque-là", admet un responsable de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Les activités s’achèvent désormais à 17h30, les mercredi sont banalisés et les week-end allégés.

A demi-mots, tout en défendant la structure et les personnels, le responsable de la PJJ reconnaît qu’il a fallu s’adapter au lancement à marche forcée. Des programmes de recrutement en urgence d’éducateurs ont été lancés. Certains sortaient tout juste de l’ANPE et des cessions de formations ont été organisées pour des éducs qui n’avaient jamais travaillé pour la PJJ. Les nouveaux débarquaient dans un EPM où les premiers mineurs avaient décidé, avant même leur transfèrement, de mettre l’établissement à l’envers.

Le manque de formation de certains posait plus de problème dans un centre nouveau, où surveillants et éducs doivent de surcroît travailler en "binômes". C’est l’une des particularité des EPM. Quatre cultures professionnelles y cohabitent (pénitentiaire, PJJ, santé et éducation nationale) sans que l’ensemble soit plcée soit la seule autorité du directeur. La tentation peut être plus forte pour des adolescents de s’engouffrer dans les failles que laissent les adultes entre eux.

Les professionnels s’interrogent aussi sur le cadre lui-même et ses ambiguïtés. L’EPM est organisé en "unités de vie" semblables à des foyers, avec activités et éducateurs. Mais l’ensemble est clos de mur et l’établissement est bien une prison. Des adolescents constitués de failles psychologiques ont peut-être parfois des difficultés à se situer dans ce cadre. Ils s’y trouvent de surcroît en permanence sous le regard des autres, du fait de la multiplicité d’activités collectives. Cela génère aussi plus de tension.

Dans ce contexte, le petit Julien était décrit comme un pensionnaire "courtois" par les surveillants. Il n’allait cependant pas bien, a changé cinq fois d’unité et fait deux tentatives de suicide en six semaines. "Vu son pédigré, je ne vois de toute façon pas comment il pouvait échapper à la prison", glisse un responsable de la PJJ. Un cadre de la pénitentiaire explique pour sa part que l’adolescent ne supportait pas l’enfermement. Jusqu’à se suicider. Il a été enterré samedi à Casablanca. Au moment où Rachida Dati visitait l’EPM.
Ol.B.

Un reportage télé sur la Manif et une interview incroyable de R. DATI

sur le site de FR3 Lyon. Diffusion le 9/02/08

http://rhone-alpes-auvergne.france3.fr/info/39522511-fr.php

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