Accueil > EPM : Contre les établissements pénitentiaires pour mineurs > ACTUALITES sur les EPM > SACCAGE, TRANSFERTS ET POURSUITES....

EPM de PORCHEVILLE (78)

SACCAGE, TRANSFERTS ET POURSUITES....

15 jours après l’ouverture...

lundi 19 mai 2008, par gd44

L’établissement pénitentiaire pour Mineurs de Porcheville, modèle du genre s’il en est, a connu ses premiers troubles moins de 15 jours après son ouverture, entrainant de nouvelles poursuites pour les jeunes impliqués dans cette révolte.
Quand nous écrivons dans le manifeste que les EPM sont criminogènes...
Article trouvé sur Rue 89.

Troubles dans une prison pour mineurs à Porcheville (Yvelines)


Par Jean-Michel De Marchi (07/05/2008)


Dans la nuit du 26 au 27 avril, six jeunes détenus sur les treize incarcérés au sein de l’Etablissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Porcheville (Yvelines), ont sérieusement dégradé leurs cellules, quinze jours seulement après l’ouverture du centre de détention. Il suffit parfois d’une étincelle : un jeune en manque de tabac, interdit dans la prison, aurait déclenché cet excès de violence, suivi par d’autres détenus.

Ils ont alors saccagé leurs cellules et cassé les vitres, mais l’ampleur exacte des dégradations est difficile à estimer. Une source proche de l’EPM évoque des dégâts importants -"plusieurs télévisions cassées ainsi que vitres, chaises et matériels divers" -ce que réfute la directrice de l’établissement Géraldine Blin :

"Un des jeunes a cassé les vitres de sa cellule ainsi que la télévision et un bureau. Dans les autres cellules, seules les fenêtres ont été cassées. Les EPM sont des nouvelles structures, les jeunes testent donc les limites de l’établissement et du personnel. Et des problèmes psychologiques ou de toxicomanie au cannabis n’arrangent rien. Un incident qui débute a très vite des conséquences importantes.".

Ouvert le 14 avril, l’EPM de Porcheville est la sixième prison pour mineurs construite en France. Projet lancé par Dominique Perben en septembre 2002 et inauguré par Rachida Dati en juin 2007, ces nouveaux centres de détention accueillent des mineurs de 13 à 18 ans, prévenus et condamnés réunis.

L’objectif affiché par le gouvernement était alors de trouver une parade à la délinquance des mineurs, en accomplissant "une mission d’éducation par des activités pédagogiques, éducatives et sportives menées de manière soutenue". Le tout dans un milieu carcéral : placés sous contrôle de l’administration pénitentiaire, ces EPM sont des prisons à part entière, comprenant 60 cellules individuelles et une discipline stricte.

Selon Natacha Grelot, secrétaire général du SNPES-PJJ, syndicat majoritaire parmi les éducateurs en milieu carcéral, "les jeunes ayant participé aux dégradations à Porcheville ont rapidement été transférés dans les ’vraies’ prisons de la région parisienne, Nanterre et Fleury", comme après chaque comportement violent qui se produit en prison pour mineurs. Selon la directrice de l’EPM de Porcheville, l’administration pénitentiaire a déposé plainte contre 3 des 6 jeunes impliqués. Une procédure judiciaire pour dégradation de bien public est engagée, ils comparaîtront devant un juge pour enfants.

"C’est l’omerta dans les prisons pour mineurs "

Ces événements s’ajoutent à ceux qui touchent régulièrement les autres prisons pour mineurs. L’évasion de deux jeunes de l’EPM de Marseille en février dernier et surtout le suicide au même moment d’un détenu de 16 ans incarcéré à celui de Meyzieu (Rhône) avaient alimenté la polémique sur la légitimité de ces nouveaux centres de détention. Eric Corsin, membre du bureau national du SNPES-PJJ, critique la réaction de l’administration pénitentiaire face à ces situations :

"Ces prisons pour mineurs ne sont pas une solution, nous y avons toujours été opposés. Les incidents de Porcheville ne sont pas isolés, plusieurs cas semblables ont été rapportés dans les autres EPM. Mais c’est l’omerta. Systématiquement, l’administration pénitentiaire impose le silence absolu aux personnels sous peine de sanction. C’est difficile de savoir tout ce qui s’y passe réellement."

En théorie, les EPM, d’un coût de 12 millions d’euros chacun, sont destinés à concilier sanction pénale et action éducative. Dans la pratique, le personnel éducatif reste méfiant à l’égard de ces structures. Un éducateur témoigne :

"De graves dysfonctionnements ont lieu au sein des équipes de travail, à Porcheville comme dans les autres EPM. Le personnel est peu habitué à travailler ensemble et en sous-effectif constant. Beaucoup d’éducateurs y vont à reculons, par exemple les débutants ou les contractuels."

A Porcheville, 71 adultes pour encadrer 13 mineurs

Les faits commis à Porcheville viennent appuyer un peu plus leurs inquiétudes. La directrice de l’établissement Géraldine Blin admet des dysfonctionnements car "les EPM sont encore en phase de rodage. Mais il n’y a pas de sous-effectif, affirme-t-elle. A Porcheville, nous avons pour l’instant 43 surveillants et 28 éducateurs. Nous sommes en mesure d’accueillir une trentaine de jeunes et ils ne sont pour le moment que 13."

Alors que l’efficacité des Etablissements pénitenciers pour mineurs reste à démontrer, l’ouverture d’une septième prison de ce type est prévue en septembre à Chauconin (Seine-et-Marne).

source :
http://www.rue89.com/2008/05/07/troubles-dans-une-prison-pour-mineurs-a-porcheville-yvelines

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?