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Un adolescent se suicide à l’EPM de Meyzieu (69)

les réactions après le suicide de Julien le 2/02/08

communiqués de presse (GD 44, SNPES-PJJ, CNT, FSU)

vendredi 8 février 2008, par gd44

Vous trouverez ci-dessous les différents communiqués de presse parus suite au suicide d’un jeune détenu à la prison pour mineurs de Meyzieu le 2 février 2008

1) communiqué du GD 44 de l’Emancipation

EPM d’ORVAULT : Communiqué de presse n° 2

Les EPM sont dangereux, les EPM doivent fermer !

Alors que les premiers jeunes arrivent ce mardi 5 février dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs d’Orvault (44) nous apprenons le suicide d’un jeune de 16 ans par pendaison à l’EPM de Meyzieu le samedi 2 février, et l’évasion de deux autres adolescents de l’EPM de Marseille le lundi 4 février.
Suicide et évasions viennent confirmer que les EPM sont bien des prisons, quel que soit le vernis éducatif dont on veut les parer.
Cette sordide actualité montre bien l’impasse dans laquelle on confine la

jeunesse en rupture avec ces nouvelles prisons pour enfants. Elle vient confirmer le bien fondé de notre refus de participer à cette politique d’enfermement de la jeunesse, qui ne peut déboucher que sur la mort, physique ou sociale.
« La place des enfants n’est pas en prison, nous ne travaillerons pas en EPM ! »

La collecte des signatures se poursuit, en attendant d’autres actions.

Contacts et signatures : emancipationgd44@no-log.org
Groupe départemental de l’Emancipation c/o FSU
8 place de la Gare de l’Etat
44276 Nantes cedex 2
Signature en ligne http://pays-de-la-loire.emancipation.fr

Le Groupe départemental 44
de l’Emancipation syndicale et pédagogique.

2) COMMUNIQUÉ DU SNPES - P J J / FSU

Les premiers Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs viennent d’ouvrir et des premiers faits graves surviennent déjà.

Samedi dernier, un adolescent s’est suicidé à l’EPM de Meyzieu où il était incarcéré.

Le suicide d’un adolescent est toujours un événement douloureux et inacceptable, a fortiori, en prison. Pour tous les professionnels au contact d’adolescents en grande difficulté, ce passage à l’acte renvoie à une forme d’impuissance et à un sentiment d’échec. Cela peut arriver dans n’importe quelle prison.

Mais les EPM ont été présentés, à grand renfort de communication, par le ministère de la Justice et la direction de la PJJ, comme un modèle unique destiné à améliorer les conditions de détention qui, selon eux, n’étaient pas possibles dans les quartiers pour mineurs. Pourtant, en matière de conditions de détention, l’Administration Pénitentiaire n’hésite pas à transférer 6 jeunes des quartiers pour mineurs du continent vers la prison de Borgo en Corse au prétexte du peu de visites probables de leurs familles. Certains quartiers mineurs semble être appelés à devenir des lieux de relégation supplémentaire des jeunes incarcérés puisque 8 jeunes de l’EPM de Marseille avaient déjà fait l’objet d’un déplacement vers le quartier mineurs de Grasse, parce qu’ils ne s’adaptaient pas à l’EPM.

Ainsi, un tri est, aujourd’hui, opéré : les jeunes les plus difficiles sont orientés vers les quartiers mineurs tandis que ceux qui font valoir leur motivation sont orientés vers les EPM. Nous sommes en droit de nous demander si l’amélioration des conditions de détention était bien le véritable objectif recherché.

Avec un nombre de personnels éducatifs et pénitentiaires conséquent, des activités permanentes et obligatoires, des locaux modernes et une organisation de vie collective calquée sur celle qui se mène dans les foyers éducatifs, les EPM devaient quasiment faire oublier aux jeunes la réalité de leur incarcération. On constate aujourd’hui que trop de temps collectifs tels qu’ils sont imposés aux jeunes dans ces lieux de confinement sont sources pour eux d’insécurité, propice aux phénomènes de groupes violents.

Aujourd’hui, le suicide d’un adolescent à Meyzieu, des phénomènes de violence dans tous les EPM ainsi que des conditions de travail détestables pour les personnels, en raison d’ouvertures à marche forcée, tout cela vient confirmer ce que le SNPES-PJJ/FSU a toujours dénoncé comme un leurre et une imposture.

Leurre pour des éducateurs à qui l’on a fait croire qu’ils pourraient faire un travail éducatif en prison alors que la logique de l’enfermement carcéral s’impose à toute autre logique. Cela trouve son illustration dans les 2 évasions récentes de l’EPM de Marseille.

Imposture destinée à faire croire à l’opinion publique que ces prisons allaient enfin pouvoir réinsérer ces adolescents. En banalisant à l’extrême les effets destructurants de l’incarcération, en privilégiant les solutions répressives par rapport à la prévention et à l’éducation en milieu ouvert, le gouvernement est en train d’instaurer un véritable gâchis humain et financier.

Le SNPES-PJJ/FSU continue à s’opposer résolument aux EPM qui, avec d’autres mesures récemment votées, comme les peines plancher et la comparution immédiate pour les mineurs, ont véritablement augmenter l’incarcération avec les risques que celle-ci fait encourir aux adolescents.

Le 5 février 2008

3) communiqué de la fédération CNT des travailleurs de l’éducation, du social et des collectivités territoriales

Les prisons pour mineurs tuent !

La fédération CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales réagit à la mort d’un jeune de 16 ans à la prison pour mineurs de Meyzieu.

Samedi 2 février 2008, un enfant de 16 ans a trouvé la mort à l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Meyzieu près de Lyon. Avant que n’ouvrent les deux premiers EPM à Meyzieu et Lavaur en juin 2007, nous dénoncions la construction de ces nouvelles prisons annoncés par l’Etat comme de nouveaux lieux d’éducation. Une prison, quelque soit son nom ou sa configuration n’est rien d’autre qu’un lieu où l’on détruit les individus pour les conduire vers la mort.

Ce qui est annoncé comme un suicide par l’administration n’est rien d’autre que la conséquence d’un choix politique et éducatif : l’Etat impose aux plus pauvres et à celles et ceux qu’il considère comme déviants, la répression et l’enfermement comme seules perspectives de vie.

Dès son ouverture, l’EPM de Meyzieu n’avait pas tardé à montrer que la réalité de cette prison pour enfants n’était pas celle décrite par le ministère de la justice. Suite au refus de plusieurs jeunes de regagner leur cellule par exemple, ce sont les équipes d’intervention régionales de sécurité qui ont été appelées pour régler le problème. Ces forces de l’ordre pénitentier qui interviennent cagoulées ont fait rentrer les jeunes dans leur cellule de manière très musclée. Après avoir été ainsi traités, les jeunes s’en sont pris aux murs de leurs cellules. Ils ont ensuite été présentés au tribunal en présentation immédiate et ont été à nouveau condamnés à de la prison ferme. Après une telle « action éducative », qui peut penser qu’un enfant détenu peut se reconstruire en prison et faire à nouveau confiance aux adultes ?

Cet événement tragique va-t-il influer sur la politique menée en direction des mineurs ?

Il semblerait que ce ne soit pas le cas pour l’instant puisque le ministère de la justice n’a pas renoncé à l’ouverture du nouvel EPM d’Orvault près de Nantes en fin de semaine dernière ni aux prochaines ouvertures des deux EPM en Ile de France de Porcheville et de Chauconin.

Cette machine infernale de l’enfermement vient nous rappeler que la peine de mort abolie en 1981 ne l’a été que dans les textes.
Nous continuerons à nous battre pour une éducation émancipatrice incompatible avec l’enfermement.

Nous tenons aussi à témoigner tout notre solidarité à la famille de Julien et à ses proches.

Le 7 février 2008

4) Communiqué FSU


Au moment où la Défenseure des enfants s’alarme du nombre de tentatives de suicide toujours très élevées en France chez les jeunes de 15 à 24 ans - 40 000 par an - et demande la mise en place d’une
stratégie nationale destinée à prévenir, repérer et prendre en charge le plus en amont les adolescents en souffrance psychique, un adolescent de 16 ans a mis fin à ces jours à l’EPM de Meyzieu où il
était incarcéré.
La défenseure note aussi que parmi les enfants confiés à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, 9% des garçons et 44 % des filles ont déjà fait une tentative de suicide.

Ce drame illustre le caractère insoutenable de ces centres qui accentuent la détresse et le désespoir de jeunes déjà en grande souffrance et en difficulté sans leur apporter aucune chance réelle de réinsertion.
Pour tous les professionnels au contact d’adolescents en grande difficulté, ce passage à l’acte renvoie à une forme d’impuissance et à un sentiment d’échec. Cela peut arriver dans n’importe quelle prison.
Mais les EPM ont été présentés, à grand renfort de communication, par le ministère de la Justice et la direction de la PJJ comme un modèle unique destiné à améliorer les conditions de détention qui, selon eux, n’étaient pas possibles dans les quartiers pour mineurs.
Loin de répondre aux besoins, on constate aujourd’hui que les conditions imposées aux jeunes dans ces lieux de confinement que sont les EPM sont sources pour eux d’insécurité, propice aux phénomènes de groupes violents.

La FSU dénonce l’imposture destinée à faire croire à l’opinion publique que ces prisons allaient enfin pouvoir réinsérer ces adolescents.
En banalisant à l’extrême les effets destructurants de l’incarcération, en privilégiant les solutions répressives par rapport à la prévention et à l’éducation en milieu ouvert, le gouvernement est en train d’instaurer un véritable gâchis humain et financier.
La FSU continue à s’opposer résolument aux EPM qui, avec d’autres mesures récemment votées, comme les peines plancher et la comparution immédiate pour les mineurs, vont véritablement augmenter l’incarcération avec les risques que celle-ci fait encourir aux adolescents.

le 8 février 2008

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