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Briser le mur du silence

Témoins génants à l’EPM de Meyzieu

Refuser la banalisation de l’enfermement des enfants

vendredi 4 avril 2008, par gd44

Trois personnes des associations "Témoins" et "Faites la lumière en détention", venues chercher des informations auprès des familles de jeunes détenus de l’EPM se font expulser par la police.

Communiqué de presse

Les EPM, établissements pénitentiaires pour mineurs, sont de toutes nouvelles structures. Le premier est entré en activité à Meyzieu, en juin 2007. Leur fonctionnement réel reste à ce jour assez mystérieux. Leur rôle de pierre angulaire et de symbole dans la politique sécuritaire des lois Perben-Sarkozy a occasionné ces derniers temps une campagne médiatique sur leur fonctionnement idéal. Mais très peu de choses ont filtré de ce qu’est réellement la vie à l’intérieur.

Dans ces conditions, les associations Témoins et Faites la lumière en détention ont pris l’initiative de se rendre devant la prison de Meyzieu pour s’entretenir avec les familles des détenus et les personnels qui y travaillent, afin de recueillir des informations sur les conditions de détention.

Les personnels se retranchent derrière leur devoir de réserve. Les familles, en revanche, acceptent de parler, et ce qu’elles disent ne correspond pas à l’image policée que voudrait en donner la ministre de l’intérieur, Mme Dati.
La seule possibilité pour nous de parler aux familles est de les rencontrer sur le parking de l’EPM pendant qu’elles attendent les parloirs. Lors des trois premières visites, nous avons une fois été contrôlé-es par la police, une autre fois expulsé-es par les matons.

Mercredi 2 avril, pour notre quatrième visite, nous avons croisé sur le parking le sous-directeur de l’EPM, qui nous a intimé l’ordre de sortir du parking. Nous nous sommes donc retiré sur le trottoir, à l’entrée du parking, ce qui rendait impossible de rentrer en contact avec les familles. Malgré cela, un quart d’heure plus tard, nous avons vu arriver trois voitures de police qui venaient nous contrôler (nous-mêmes étions trois !). Après vingt minutes de contrôle, fouille, palpation, nous avons reçu l’avertissement suivant : « Si vous restez ici et que nous devons revenir, nous vous dégagerons. Et comme vous ne vous laisserez pas faire, vous vous en tirerez avec une inculpation pour rébellion. » Étant donnée l’absence totale d’agressivité de notre part pendant le contrôle, il s’agissait d’une menace signifiant qu’au cas où nous voudrions continuer à parler avec les familles, l’inculpation de rébellion tomberait, quelle que soit notre attitude au moment du retour de la police.
C’est donc bien notre travail d’information qui nous était interdit, sur demande de la direction de l’EPM.

Ce que nous savons aujourd’hui des EPM, et plus particulièrement de celui de Meyzieu, laisse deviner pourquoi l’Administration pénitentiaire craint la transparence : outre le suicide d’un jeune détenu en février dernier, la tentative de suicide d’un autre détenu la semaine dernière, l’émeute qui a détruit une partie des locaux dans les jours qui ont suivi l’ouverture de l’établissement, il y a aussi les éléments que nous ont apportés les entretiens avec les familles : il existerait un cachot de un mètre sur un, dans lequel les détenus seraient parfois enfermés (Julien, le jeune détenu qui s’est suicidé, y aurait fait un passage) ; l’utilisation du mitard serait extrêmement fréquente ; les détenus y seraient parfois enfermés en caleçon ; la nourriture serait en quantité insuffisante pour certains…
Tous ces éléments rendent notre démarche trop nécessaire pour que nous renoncions… Malgré les menaces, nous serons à nouveau là la semaine prochaine !

article paru sur indymédia nantes :

l’original ici

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