Accueil > EPM : Contre les établissements pénitentiaires pour mineurs > ACTIONS contre les EPM > Manifestation contre les EPM à Meyzieu

SAMEDI 9 FEVRIER 15H30

Manifestation contre les EPM à Meyzieu

vendredi 8 février 2008, par gd44

Suite au suicide d’un jeune de 16 ans à l’EPM de Meyzieu (69), un appel à manifestation est lancé contre les EPM, en solidarité avec la famille du jeune...

En soutien à la famille et aux proches du jeune de 16 ans mort au sein de la prison pour mineurs de Meyzieu, en soutien aux détenus, devant l’échec total des prisons pour mineurs, venons manifester à Meyzieu ce samedi 9 février 2008 : rendez-vous à 15h30 devant la mairie.

Le vendredi 25 janvier, à la nouvelle prison pour mineurs, appelée pudiquement EPM (Etablissement Pénitentiaires pour Mineurs) à Meyzieu, dans la banlieue de Lyon, un jeune détenu met le feu à sa cellule, en transformant son tee-shirt en torche pour le jeter dans la cour. Malgré ce sérieux appel au secours et malgré les avertissements d’éducateurs extérieurs indiquant clairement que la place de ce jeune n’était pas en prison, la juge des enfants a décidé récemment de prolonger encore son emprisonnement. Huit jours plus tard, il est retrouvé mort, pendu au
système d’aération de sa cellule.
L’administration pénitentiaire, redoutant une nouvelle explosion au sein de la
prison, décide alors de camoufler cette mort pendant tout le week-end. L’infofinit pourtant par sortir le lundi 4 février et provoquer dès mardi quelques remous politico-médiatiques.

Les EPM, qui avaient été médiatisés bruyamment comme des prisons "humaines", "éducatives", "conviviales" se sont révélés depuis leur ouverture un désastre aussi glauque que prévisible : intervention brutale de milices de super-matons cagoulés (ERIS) pour mater les jeunes détenus, pédagogie du remplissage frénétique pour occuper et observer les jeunes en permanence sans leur laisser d’espaces de repli, déprime et protestations des personnels contractuels et matons ayant conservé un recul critique ou tout simplement flippés par la situation, obstination des bureaucrates d’une structure ultra-hiérarchisée malgré la tension qui grimpe...

Face à ce désastre, les jeunes détenus se révoltent par des mutineries,
(destruction d’une partie des locaux de Meyzieu quelques jours après l’arrivée des détenus), hurlements entendus par le voisinage, rebellions quotidiennes et évasions (comme récemment à la prison pour mineurs de Marseille) ou beaucoup plus tristement ici par des voies de fuite individuelles et suicidaires. Mais après s’être tant vanté de ses solutions miracles à la délinquance des jeunes, l’État s’efforce maintenant de camoufler les cadavres...

Nous appelons à un rassemblement contre ces structures d’enfermement pour mineurs
le samedi 9 février
Rendez-vous à 15h30 devant la mairie de Meyzieu pour aller jusqu’à la prison pour mineurs dans le quartier du Mathiolan

- pour apporter un soutien à la famille et aux proches de ce jeune mort le 2
février au sein de la prison pour mineurs de Meyzieu ;
- pour apporter un soutien aux détenus et à leurs familles ;
- parce que nous pensons qu’il est crucial de visibiliser ce qui se passe
réellement dans ces prisons.

Nous appelons à des rassemblements similaires devant les EPM déjà ouverts ou encore en construction en France. Nous espérons rassembler dans ce sens tout ceux qui s’insurgent contre les politiques sécuritaires actuelles, la répression policière et l’enfer des prisons françaises. Rappelons à ce titre que le type de décès survenu à Meyzieu, suicides maquillés ou non, sont relativement fréquents en France dans les prisons classiques.

Le rassemblement de samedi est aussi un appel à se montrer solidaire avec tout-es celles et ceux qui pourraient connaitre les geôles de l’État pour leur engagement anti-carcéral.

Quelle opposition à l’enfermement des mineurs ?

Depuis l’annonce en 2005 de la construction de ces EPM, une opposition aux formes multiples s’est structurée en France : constitution de collectifs unitaires d’éducateurs et militants syndicaux, occupations des arbres du chantier de l’EPM d’Orvault, neutralisation de machines pour retarder l’avancée des travaux, manifestations... Récemment, un des principaux syndicats d’éducateurs, la FSU, a relancé un appel à l’insoumission et au refus de travailler dans les EPM afin d’espérer bloquer le fonctionnement de ces structures. Des professeurs de l’enseignement public ont aussi refusé d’y intervenir.

Des prisons pour mineurs... aux politiques sécuritaires

En 2004, Le gouvernement avait annoncé la construction de 7 "établissements pénitentiaires pour mineurs" de 13 à 18 ans. Ils étaient censé offrir 420 nouvelles places d’incarcération s’ajoutant aux 850 existantes dans les quartiers pour mineur.es des prisons. Quatre d’entre eux sont déjà ouverts à Nantes, Marseille, Lyon et Toulouse, les autres sont encore en construction. Dans le même sens, le nombre de centres éducatifs fermés (CEF) et de centres éducatifs renforcés (CER) est en train de s’accroître.

Ce renouveau des structures d’enfermement des mineur.es s’inscrit dans un
renforcement sécuritaire généralisé : création de nouveaux délits et abaissement de la responsabilité pénale pour les mineurs, peines plancher et rétention de sûreté, généralisation du fichage ADN et de la vidéosurveillance, du contrôle biométrique dans les écoles, harcèlement constant de la BAC dans les quartiers populaires et rafles d’étranger.es dans les villes... Tout cela se mettant en oeuvre avec une pression industrielle énorme puisque bon nombre d’entreprises misent aujourd’hui leur essor économique sur l’écoulement de produits high-tech de contrôle social.

En plein boom depuis septembre 2001, omniprésente à la télé et au centre de tous les enjeux politiques, la propagande sécuritaire déchaîne la peur des autres et cherche à soumettre à la domination économique et sociale en divisant la population. Il s’agit maintenant pour l’État de désigner des délinquant.es dès le plus jeune âge et de les punir. L’objectif est de mater les classes défavorisées dans une société où l’absence de perspective de vie épanouissante et la violence des inégalités nourrit logiques de survie, frustrations rageuses et encore régulièrement quelques sursauts de révolte collective.

Comptant sur un oubli du bilan désastreux des bagnes pour enfants et autres formes d’enfermement du passé, l’État voudrait convaincre du bien fondé et de la modernité des EPM. Nous affirmons pour notre part que l’on ne construira pas un monde plus vivable en enfermant, brisant et torturant des individu.es. La prison instaure la punition en système, elle existe pour préserver l’ordre établi. Elle est un supplice qui, malgré tous les discours de rénovation et de réformes, reste essentiellement dégradant et humiliant.

Face aux prisons, construisons des solidarités et des insoumissions

Provoquons ensemble la fermeture des prisons pour mineurs, CEF, et l’arrêt du programme de construction de ces murs de la mort
Contre toutes les prisons !
Pour plus d’infos :
- panoptique.boum.org : des textes et infos sur les luttes contre l’enfermement des mineurs ainsi que plus généralement sur le contrôle social (biométrie, fichage ADN, vidéosurveillance...)
- tomate.poivron.org : un site sur les oppressions et discriminations que
subissent les enfants

[ texte repris du site http://rebellyon.info ]

Note du GD 44 : IMPORTANT
quelques imprécisions ou inexactitudes dans le texte précédent :

Le Manifeste "nous ne travaillerons pas en EPM" n’est pas à l’initiative du Syndicat PJJ-de la FSU, mais du groupe 44 de l’Emancipation, qui est une tendance intersyndicale, dont certainEs militantEs sont à la FSU.
Précision importante car ce manifeste n’est pas soutenu ni par la FSU en tant que fédération, ni par le SNPES-PJJ, (syndicat majoritaire des éduc PJJ) qui ne peut le signer car il syndique des éducateur qui ont "fait le choix " (plus ou moins librement...) de travailler en EPM. Le Manifeste pose un débat de fond chez les professionnels susceptibles de travailler en EPM, c’est aussi son but.
A notre connaissance l’EPM d’Orvault est le 5ème. 2 sont encore à ouvrir sur les 7 planifiés en 2002 par Perben : près de Meaux (94) et près de Mantes la Jolie (78)

Messages

  • Les donneurs de leçons que vous êtes devraient se poser une question très simple : les mineurs qui étaient détenus dans des quartiers pas toujours adaptés en prison le seront à présent dans des structures moins opressantes, avec des moyens importants sur le plan éducatif. Cela constitue t-il une amélioration ou un recul ? Il est trop simple de dire non à tout et de ne rien proposer...

    • Libre à toi de de te prononcer plutôt pour la peste que pour le choléra.
      La question qui est posée n’est pas tant elle du lieu de l’enfermement, mais du choix de l’enfermement carcéral pour les mômes...
      Donc défend la prison comme instrument d’éducation si tu veux, ce n’est effectivement pas notre optique.
      Quand aux propositions, relis le texte du manifeste, elles me semblent relativement claires pour qui veut un tant soit peu ouvrir les yeux...
      Un donneur de leçon parmi d’autres...

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?