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Quelles sanctions, quelle délinquance, quelle éducation ?

Dans Courant Alternatif n° 177, février 2008

mardi 19 février 2008, par gd44

Le Mensuel Courant Alternatif a publié le Manifeste "Nous ne travaillerons pas en EPM" dans son numéro de février, accompagné d’une note critique pour approfondir le débat sur adolescence, délinquance, éducation et sanction.
Nous le publions ci-dessous, avec les liens pour alimenter ce débat.

Quelques éléments de discussion

Ce n’est pas tous les jours que des salariés refusent de faire un travail qu’ils jugent incompatible avec leurs convictions et réclament un « droit à l’insoumission ». Autrement dit qu’ils posent la question de l’utilité sociale de cette activité. Ce faisant ils ouvrent grande la porte au débat et c’est sans doute là un de leurs objectifs.

Alors posons-nous quelques questions.
« Un mineur délinquant est d’abord un enfant en souffrance » est-il écrit. Je pense que cela n’est nullement automatique étant donné que l’acte de délinquance est délimité et caractérisé par le pouvoir et non par une société démocratique (comme la finalité du travail qu’on vous demande d’ailleurs, et que vous refusez). Ce même pouvoir qui caractérise comme délinquant nombre d’actes que nous commettons nous-mêmes dès lors que nous sommes opposés à l’organisation de cette société. Je note en outre que le terme de « en souffrance » est un terme relativement récent, introduit par les nouvelles générations de « psy » et qui fait maintenant partie de la panoplie sémantique du « politiquement correct » de ce secteur.

« Les adolescents ne sont pas adultes ». Le problème c’est que la délimitation et la définition de l’adolescence n’en finissent pas de varier selon les écoles et les périodes. Vous précisez « le mineur est d’abord un enfant ». Ce qui veut dire que l’enfance est un état social lui aussi délimité par le pouvoir puisque c’est ce dernier qui définit la « majorité ». Il me semble que tout cela risque fort de renforcer la notion d’irresponsabilité du jeune alors qu’au contraire, me semble-t-il, c’est d’être davantage considéré comme responsable qui fait défaut. Vous dites que la preuve de ce que vous avancez c’est que ce sont des « évidences connues des professionnels ».

Raison de plus à mes yeux pour s’en méfier ! D’abord parce qu’il faut toujours se méfier des professionnels (c’est un principe de base), ensuite parce que dans ce secteur en particulier, les professionnels ont toujours été largement divisés, non pas seulement en fonction de l’observation « scientifique » du « terrain », mais en fonction de leurs choix idéologiques. Et la profession a connu largement plus d’ « enfermeur » et de « totalitaires » que de « libertaires ».

Enfin, une question. Existe-t-il des sanctions qui réparent ? Lesquelles et qui réparent quoi ?

Poser toutes ces questions implique, me semble-t-il, un soutien à celles et ceux qui refusent de travailler en EPM. Le meilleur soutien est celui qui s’engouffre dans la critique.

JPD

publié dans Courant Alternatif n° 177, février 2008

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