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Toulouse

Action directe contre l’enfermement des mineurs

6 juillet 2011

dimanche 17 juillet 2011, par gd44

Toulouse : un commando contre l’incarcération des mineurs vandalise la PJJ
le 6 juillet 2011 : revue de presse

Labège. Un commando saccage le centre de la protection judiciaire de la jeunesse

La Dépêche, 06/07/2011 à 10:32

Un commando d’une dizaine de personnes encagoulées a fait irruption, hier, vers 11 h 15, à Labège (Haute-Garonne), dans les locaux de la Direction interrégionale Sud de la protection judiciaire de la jeunesse. Une fois dans les lieux, ces personnes, visiblement bien organisées, se sont dispersées pour se ruer dans les couloirs et dans les différents bureaux « armées » de bouteilles dont elles ont déversé le contenu sur les bureaux et les ordinateurs. Un liquide marron au relent d’ammoniaque et qui pourrait contenir de l’urine et des excréments humains.

Aspergé de lacrymogène

Les membres du commando se sont également emparés de plusieurs extincteurs qu’ils ont, là encore, déversés sur les bureaux. Un employé qui tentait de s’interposer a été copieusement arrosé de gaz lacrymogène. Certains ont aussi rédigé sur des murs : « Nique la justice » et « Porcs ». Cinq minutes après être entré, le commando est ressorti en courant non sans avoir lancé plusieurs dizaines de tracts qui contiendraient des propos injurieux sur l’action éducative menée par la protection judiciaire de la jeunesse. Des écrits que les gendarmes ont saisis dans l’espoir d’identifier leurs auteurs et l’ordinateur avec lequel ils ont été rédigés. La section de recherches de Toulouse, en charge de l’enquête, a également fait procéder à des relevés de traces et d’indices sur les tags et dans les différents lieux où a sévi le commando.

Michel Valet, le procureur de la République de Haute-Garonne, fait savoir que « tout laisse à penser qu’il s’agit de l’action de gens qui veulent manifester leur opposition aux réponses apportées en matière de lutte contre la délinquance des mineurs ». Un durcissement de ces réponses, souhaité par le gouvernement, est actuellement en cours d’élaboration. Michel Valet indique également que « les agents de la PJJ n’ont pas fait l’objet de violence physique même si cet acte, qui n’a finalement fait que peu de dégâts, les a profondément choqués ».

Cette affaire survient quelques semaines après celle d’Orvault, en Loire-Atlantique, où un mineur délinquant placé dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs de cette ville s’était suicidé. Des gens avaient alors écrit sur les murs de la PJJ de Nantes : « L’EPM tue ».

Un commando anti-prison pour mineurs frappe à Toulouse

Libé Toulouse, 06/07/2011

SOCIÉTÉ. Des bouteilles vidées sur les ordinateurs, “Nique la justice” barbouillé sur les murs... « Ça ressemblait à une action commando. Cela s’est passé très rapidement », nous raconte un témoin :

Les locaux de la direction inter-régionale de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) de Labège dans la banlieue toulousaine ont subi mardi 5 juillet en fin de matinée l’assaut d’une douzaine de personnes cagoulées et armées de bombes de gaz lacrymogène.

« Violence contre la violence de l’emprisonnement des mineurs dans les établissements spécialisés comme l’EPM de Lavaur dans le Tarn ? » s’interroge un éducateur auprès de LibéToulouse. Ou plus simplement « réaction au durcissement de la lutte contre la délinquance des mineurs », réfléchit le procureur de la République à Toulouse :

« Nos collègues sur place sont sous le choc. Nous avons du mal à comprendre que l’on puisse s’attaquer à une structure œuvrant pour la réinsertion de mineurs », raconte l’un des responsables CGT de la PJJ qui s’est rendu à Labége dans la journée.

Un tract a été laissé sur place par la bande, dont les enquêteurs de la police n’ont toujours pas livré le contenu. Selon la CGT, ce tract pourrait ressembler à celui qu’un « collectif anti-EPM distribue aux familles à l’occasion des parloirs de Lavaur ».

L’Etablissement pénitentiaire pour mineurs de Lavaur a été secoué par une série d’incidents, en proie au mois de mai, selon les syndicats, à une « quasi-rébellion ». Les éducateurs et surveillants tarnais, comme ceux de Marseille, se sont mis en grève à la mi-juin au motif que leur hiérarchie continuait à ignorer la plupart de leurs revendications sur la pénibilité de leur travail (Voir LibeToulouse au 13/05/2011) .

Toulouse : un commando contre l’incarcération des mineurs vandalise la PJJ

AFP, 05.07.2011, 18h57

Un commando d’une dizaine de personnes masquées a vandalisé mardi la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), à Labège, en banlieue toulousaine, pour manifester contre l’incarcération des mineurs, a déclaré le procureur sur place.

L’intrusion, qui s’est déroulée vers 11h15 et n’a duré que cinq minutes, avait d’abord été dénoncée par le syndicat CGT de la PJJ dans un communiqué annonçant qu’il allait porter plainte contre les intrus

Ceux-ci ont au passage aspergé de gaz lacrymogène un salarié qui voulait s’interposer et qui a dû être brièvement soigné à l’hôpital, a indiqué le procureur de la République Michel Valet, lors d’un point de presse improvisé.

Cette action a eu lieu alors que le Parlement s’apprête à adopter une refonte de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs, qui comprend notamment la création d’un tribunal correctionnel pour les récidivistes de plus de 16 ans, pour des délits passibles de plus de trois ans de prison.

Tandis que les gendarmes, assistés de la police scientifique, menaient déjà l’enquête pour identifier les membres du commando, tous les représentants de l’Etat -préfet, directeur national de la PJJ, procureur de la République- se succédaient mardi après-midi à Labège.

"C’est un lieu un peu sacré. Il est très important de réagir. Nous avons une volonté très forte de retrouver les auteurs de ce geste inacceptable", a déclaré M. Valet. Selon les témoignages rapportés par le procureur, "une dizaine de personnes cagoulées, gantées, ont fait irruption par plusieurs entrées dans les locaux du pôle territorial de formation de la PJJ et de la direction interrégionale. Ils ont déversé un liquide à forte odeur ammoniaquée, renversé des meubles, usé de gaz lacrymogène".

"Ils étaient très organisés, tous en noir, et n’ont pas dit un mot. Ils sont repartis aussi vite. C’étaient plutôt de jeunes majeurs que des adolescents", a rapporté Jean-Philippe Balocco, DRH de cette unité de 40 salariés, qui n’accueille aucun jeune. Pour Patrick Autié, directeur de cet établissement, "cela fait penser à une action politique, pas aux mineurs dont on s’occupe".

Sans donner de précisions sur les premiers éléments de l’enquête, M. Valet a indiqué que les assaillants avaient laissé des inscriptions et des tracts parfois injurieux "contre l’incarcération des mineurs". Il s’est refusé à en donner le libellé, car ils sont saisis par la police scientifique.

Selon la porte-parole de la CGT, Emmanuelle Tarissan, on pouvait lire notamment "nique la justice,... porcs". La CGT fait état d’inscriptions hostiles aux établissements pour mineurs (EPM), les rapprochant de tags récents sur les murs d’un de ces EPM à Orvault (Loire-Atlantique). Le procureur, comme la syndicaliste, ont fait état du "traumatisme" du personnel.

Les EPM ont été secoués par une série d’incidents au cours des dernières semaines, notamment à Lavaur (Tarn), provoquant plusieurs mouvements de protestation des surveillants et des éducateurs, qui se plaignent de la pénibilité de leur travail.

Les EPM, ouverts en 2007-2008, ont une capacité de 60 détenus de 13 à 18 ans chacun. Censés oeuvrer à la réinsertion de mineurs condamnés ou prévenus, ils se distinguent par le fort encadrement des détenus, entourés de dizaines de surveillants, d’agents de la PJJ et d’enseignants.


Voir en ligne : source : brève du désordre

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