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23 février 2010 : Suicide d’un mineur à l’EPM d’Orvault (44)

dimanche 28 février 2010, par gd44

Deux ans après le suicide de julien à l’EPM de Meyzieu, un jeune de 16 ans vient de se pendre à l’EPM d’Orvault.

Ce suicide, s’il vient rappeler que les EPM sont bien des prisons génératrices de morts physique et sociale, et non des institutions répressives à finalités éducatives, est le 22ème recensé depuis le début de l’année 2010.

Nous ne disposons pas d’informations directes sur ce tragique évènement, mais nous reproduisons ci dessous des articles parus dans la presse locale, un communiqué de l’association ban public sur les suicides en détention, un communiqué du syndicat santé-social de la CNT sur ce suicide à l’EPM d’Orvault !

Un adolescent se suicide à l’établissement pour mineurs d’Orvault

Ouest France - mardi 23 février 2010

Un jeune garçon de 16 ans a été retrouvé pendu, ce mardi matin, dans sa cellule de l’établissement pour mineurs à Orvault, près de Nantes. C’est le premier suicide déploré dans cet établissement ouvert depuis février 2008 et le second en France depuis l’ouverture de ces centres. L’établissement d’Orvault accueille actuellement une trentaine de détenus mineurs. L’administration pénitentiaire n’a pas encore souhaité s’exprimer. Son directeur est attendu à Orvault dans en début d’après-midi. On sait déjà que le jeune homme qui a mis fin à ses jours avait été repéré comme étant en détresse psychologique. Des rondes renforcées avaient été mises en place pendant la nuit. Les surveillants étaient ainsi passés à quatorze reprises devant sa cellule. Selon un surveillant le jeune homme qui a mis fin à ses jours était déterminé. « Il avait fait en sorte de simuler sa présence dans son lit pour tromper la vigilance des rondes ».

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22ÈME SUICIDE OU MORT SUSPECTE CONNU(E) EN DÉTENTION EN 2010

Le nombre de suicides ou de morts suspectes en prison ne diminue pas.
Un suicide ou mort suspecte tous les trois jours en prison,
10 fois plus qu’en milieu libre.

Manquement grave de l’administration pénitentiaire. L’omerta [1] continue sur la réalité des chiffres quant aux conditions et lieu réel du décès.

E.P.M. Orvault
Suicide d’un adolescent de 16 ans par pendaison, en détention provisoire, le 23 février 2010.

M.A. Rennes

Suicide d’un jeune homme de 23 ans par pendaison, le 23 février 2010.

M.A. Lyon-Corbas
Suicide d’un homme de 25 ans par pendaison, au quartier disciplinaire, le 24 février 2010

Nous exigeons, les familles et proches exigent la vérité de la part de l’administration pénitentiaire et des autorités judiciaires afin que toute la lumière soit faite sur ces nouveaux décès.
Les familles et proches souhaitent une vraie prise en compte de leurs souffrances et une aide directe de la part de l’administration pénitentiaire.
Les autorités judiciaires doivent assumer toutes leurs responsabilités sur ces nouveaux décès.

22 suicides et morts suspectes connus depuis le 1er janvier 2010
Nous savons que ces chiffres ne reflètent pas la réalité. La création de l’Observatoire des suicides et des morts suspectes sur le site prison.eu.org a permis d’interpeller l’opinion publique.

« L’ensemble des études pointent comme des périodes de particulière vulnérabilité, outre l’entrée en détention, certains moments particuliers :
la période correspondant au jugement ;
le placement au quartier disciplinaire ;
la période postérieure à une tentative de suicide ou à une automutilation. ».
Circulaire du 26 avril 2002 NOR JUSE0240075C sur la Prévention des suicides dans les établissements pénitentiaires.

« Le droit à la vie : il est nécessaire de montrer que l’administration pénitentiaire doit tenir compte de cette obligation dans la mise en place de certaines procédures (quartier disciplinaire, isolement...). ».
Conclusion du 20 octobre 2003 du Rapport de la CNCDH sur les droits de l’homme en prison.

Contact Presse :
Milko Paris, tél. 06 60 17 33 42
mail. redaction@banpublic.org

— -
[1] Omerta : Par extens. Loi du silence imposée par un groupe. (Le nouveau Littré, 2006)


Communiqué Suicide d’un adolescent à l’EPM d’Orvault :
l’Etat continue de tuer

Mardi 23 février 2010, un adolescent de 16 ans est mort parce qu’il s’est
pendu dans sa cellule de la prison pour mineurs d’Orvault, en Loire Atlantique. Selon l’administration pénitentiaire et les
éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse de la prison,
l’adolescent était connu pour son extrême fragilité psychologique et sa tendance suicidaire. A les entendre on pourrait presque croire
que c’est de sa faute ! De plus, le seul détail technique soulevé par un
syndicat de l’administration pénitentiaire était de dénoncer le mauvais emplacement des douches, invisibles à l’œilleton, lors de leurs 14 passages durant la nuit ayant précédée la mort de l’adolescent.
En revanche aucun commentaire sur la responsabilité de ceux qui ont envoyé l’adolescent en prison !
Mercredi 3 février 2010, c’est un autre adolescent qui se pend lors de son
incarcération au quartier mineur de Rouen. Il venait d’être enfermé suite à une altercation avec les éducateurs d’un centre éducatif fermé où il était placé. Une fois de plus, les centres fermés font la démonstration qu’ils ne
sont qu’une antichambre de la prison et non un lieu de protection et d’émancipation pour les adolescents.

Comme après chaque suicide, l’administration pénitentiaire associée à
l’industrie de la punition oublient trop facilement d’évoquer le principe même de l’enfermement ! Et les gouvernants continuent, toujours plus, à alimenter cette industrie ; la disparition programmée de l’ordonnance de 1945 et l’introduction d’un code pénal des mineurs en est un exemple de plus !
La prison, qu’elle soit pour les majeurs ou les mineurs est avant tout, un
lieu d’isolement et de maltraitance légitimé par le délire sécuritaire de l’Etat qui a besoin d’affirmer sa domination. Et, ce ne sont ni les pseudo formations des agents sur la prévention du suicide, ni les tentatives d’amélioration des conditions de détention, qui feront des prisons un lieu de vie !

Une prison même peinte en rose reste une prison. On ne grandit pas en
prison, on y meurt !
N’enfermons pas la jeunesse, aidons-la à s’émanciper !

Paris, le 25 février 2010

Fédération CNT santé social et collectivités territoriales
33 rue des Vignoles 75020 Paris

tél :06 28 33 42 43

fede.sante-social[at]cnt-f[point]org


2 articles en port folio au format pdf

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