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Résistance pédagogique

dimanche 13 septembre 2009, par gd44

Les « réformes » structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de tous les enfants. Elles conduisent à la déconstruction de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand. Notre devoir est d’y résister.
Ci dessous l’appel et la charte à signer, qui ne concerne, malheureusement, que les enseignantEs du primaire.
Un texte de solidarité est néanmoins disponibles pour touTEs les autres.
Pour les

Tous ensemble, en signant la Charte ou en signant la pétition de soutien, montrons notre attachement à un service public d’éducation de qualité pour tous.

Appel des enseignants en résistance.

NOUS REFUSONS DE PARTICIPER AU DEMANTELEMENT DE L’EDUCATION NATIONALE

La déconstruction progressive et systématique des fondements de notre système éducatif est en marche. Il est aujourd’hui de la responsabilité des enseignants de ce pays de tout mettre en oeuvre pour enrayer cette machine à déconstruire.

L’heure est grave ! Une nouvelle défaite du mouvement des enseignants serait catastrophique. Le gouvernement qui, visiblement, cherche l’affrontement et la victoire par un passage en force, aurait ainsi les mains libres pour achever son travail et mettre en place la privatisation de l’Education Nationale.

Ces dernières semaines, des enseignants du primaire sont entrés en résistance par la voie du refus d’obéissance, notamment par la non application stricte des nouveaux programmes et du dispositif de l’aide personnalisée, afin de ne pas apporter leur caution personnelle à ce démantèlement. Cette objection de conscience réfléchie et assumée est entrée profondément en résonance avec les attentes de nombreux enseignants, découragés par l’absence de perspectives de lutte efficace.

Il convient aujourd’hui de passer de quelques refus individuels et isolés à une action de résistance pédagogique collective et revendiquée afin de structurer une contestation durable. C’est de l’ampleur de cette résistance et de sa médiatisation que dépendra la possibilité de créer un rapport de force inédit avec le gouvernement. L’affichage de la résistance pédagogique est aussi important que la résistance elle-même car il constitue une force d’information, de mobilisation et de pression.

Nous invitons les enseignants à entrer en résistance ouverte en faisant connaître par le biais de lettres individuelles et/ou collectives à leur hiérarchie leur refus de collaborer au démantèlement de l’Education Nationale, y compris par la désobéissance pédagogique ciblée.

Nous invitons les enseignants à prendre toutes les initiatives susceptibles d’informer et de mobiliser les parents d’élèves dans des Comités locaux de défense de l’école publique qui impulseront de nouvelles actions de résistance sur le plan local. Une coordination de ces comités locaux pourrait être mise en place dans un deuxième temps.

Le mouvement des enseignants en résistance est un mouvement complémentaire de l’action des organisations syndicales. Ces dernières qui ont pris la mesure de la colère qui monte devront la canaliser dans des actions déterminées, durables et constructives.

Notre résistance veut impliquer indissociablement un programme de non-coopération qui s’oppose aux mesures qui nous semblent nocives pour l’avenir de nos écoles et un programme constructif qui propose les solutions qui nous semblent susceptibles de préparer cet avenir.

LE NON DEMANTELEMENT DE L’EDUCATION NATIONALE IMPLIQUE LA PRISE EN COMPTE DES REVENDICATIONS SUIVANTES

Sur le plan structurel : Arrêt des suppressions massives de postes ; Maintien des postes d’enseignants affectés dans les associations complémentaires de l’école ; Maintien de la spécificité de l’école maternelle et retrait du projet de jardins d’éveil ; Maintien des IUFM comme centre de formation professionnelle et ouverture d’un chantier sur les contenus de la formation des professeurs ; Abandon définitif du projet des EPEP (Etablissements Publics de l’Enseignement Primaire) ; Retrait du projet de création d’une Agence Nationale du remplacement ; Retrait du fichier Base élèves.

Sur le plan pédagogique : Abrogation du décret sur l’aide personnalisée ; Maintien des 3 000 postes de RASED à la rentrée 2009 ; Ouverture d’une concertation sur les nouveaux programmes ; Ouverture d’un débat sur les rythmes scolaires des enfants.

Sur le plan syndical ; Respect du droit syndical, notamment des journées d’information syndicale pendant le temps de travail ; Retrait de la loi obligeant les enseignants du primaire à se déclarer préalablement en grève ; Retrait de la loi sur le Service Minimum d’Accueil.

Nous demandons au gouvernement l’ouverture immédiate de négociations avec les organisations représentatives sur la base des revendications mentionnées ci-dessus.

CONSTRUIRE UN MOUVEMENT DURABLE, RESPONSABLE ET EFFICACE

Nous avons conscience qu’il sera difficile au mouvement d’obtenir satisfaction sur l’ensemble de ces revendications. Il serait dramatique que le mouvement retombe aussi vite qu’il s’est développé. Il importe de s’inscrire dans la durée. C’est pourquoi il est essentiel que le mouvement des enseignants en résistance pédagogique se fixe un premier objectif clair, précis, limité et possible, susceptible de mobiliser le plus largement. Si nous obtenons gain de cause sur cet objectif tactique, la dynamique de l’action nous permettra de définir des objectifs plus ambitieux. Cette prise que nous aurons sur le système agira comme un levier qui le fera bouger et basculer.

Notre premier objectif, dans le cadre de cette résistance au démantèlement de l’Education Nationale, est d’obtenir l’abrogation du dispositif de l’aide personnalisée et son corollaire le maintien des postes du RASED. C’est pourquoi nous invitons les enseignants du primaire à refuser de mettre en œuvre le dispositif de l’aide personnalisée et à le faire savoir.

La non application de ce dispositif peut prendre différentes formes qu’il appartient au conseil de maîtres d’organiser (Utilisation des deux heures pour mettre en œuvre des projets pédagogiques innovants de classe et d’école avec l’ensemble des élèves ; Utilisation des deux heures pour organiser le travail pédagogique d’équipe centré sur les autres enfants en difficulté et leur aide, etc.)

La résistance pédagogique est une étape dans la résistance globale à la déconstruction de notre système éducatif. Elle a vocation à initier, construire et mettre en oeuvre des alternatives crédibles et efficaces pour une école au service de la réussite de tous. Elle est complémentaire des autres formes d’actions démocratiques impulsées par les organisations syndicales. Nous invitons donc ces dernières à définir et mettre en place les modalités d’action nécessaires pour amplifier cette lutte.

COLLECTIF DES ENSEIGNANTS EN RESISTANCE
fédérés en réseau par le blog « Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école » [1]

LA CHARTE

CHARTE DE LA RESISTANCE PEDAGOGIQUE

Les « réformes » structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de tous les enfants. Elles conduisent à la déconstruction de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand. Notre devoir est d’y résister.

En adhérant à la présente charte, je m’engage à agir dans le sens d’une éducation et d’un enseignement qui visent à :

1. respecter les droits de l’enfant tels que définis dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, notamment le droit à une éducation de qualité pour tous, le droit à l’épanouissement et au développement harmonieux de l’enfant.

2. favoriser l’autonomie et la responsabilité de l’enfant, être doué de raison et de conscience.

3. contribuer à la construction de sa pensée par une pédagogie privilégiant la coopération et le raisonnement, plutôt que la compétition et la simple répétition d’automatismes.

4. apprendre à s’exprimer, lire, écrire, compter aux élèves en les mettant en situation de réflexion et d’échanges.

5. assumer une autorité éducative, opposée à l’autoritarisme, fondée sur le respect de la liberté de conscience, le respect mutuel et la légitimité de règles élaborées ensemble.

6. réaliser des évaluations constructives qui permettent de mesurer réellement les progrès des élèves et de favoriser l’estime d’eux-mêmes.

7. créer les conditions de coopération au sein de la communauté éducative (Enseignants-RASED-Parents...) et au sein de la classe qui aident chaque enfant à entrer dans les processus d’apprentissage et à surmonter ses difficultés.

8. promouvoir une réflexion sur l’aménagement du temps de vie de l’enfant à l’école qui respecte ses rythmes chrono-biologiques.

En signant cette Charte, j’entre en résistance en n’appliquant pas tout ou partie des dispositifs contraires aux valeurs de respect, de coopération et de progrès. Je revendique, en conscience, par loyauté envers le service public d’éducation, et au nom de la liberté pédagogique inscrite dans la loi, la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l’intérêt des enfants.

EnseignantEs du primaires : signez ici

Vous êtes solidaires : signez là


Voir en ligne : signer la Charte


[1Ce texte rédigé collectivement par les enseignants qui ont adressé une lettre individuelle de désobéissance constitue une plate-forme de réflexions et d’actions qui définit l’identité du collectif des enseignants en résistance, mouvement en gestation. Il a vocation à être diffusé largement pour faire connaitre notre position et susciter de nouvelles actions individuelles et collectives de résistance pédagogique. Cet appel n’est pas soumis à signature, mais il peut constituer la base d’un collectif local d’enseignants en résistance.

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