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LA PLACE DES ENFANTS N’EST PAS EN PRISON

Manifeste : Nous ne travaillerons pas en EPM

samedi 19 janvier 2008

La lutte contre la construction de 7 établissements pénitentiaires pour mineurs n’a pas, à ce jour, permis d’annuler ce programme d’enfermement des enfants délinquants et de criminalisation croissante de la jeunesse.
Ici à Nantes, l’ouverture de l’E.P.M. d’Orvault s’accompagne d’appels à
candidature pour que des personnels éducatifs (enseignants, éducateurs, travailleurs sociaux, soignants…) aillent travailler dans ces « nouvelles » prisons pour enfants.
Nous n’irons pas, et nous appelons toutes les personnes concernées à refuser de travailler en E.P.M., ici comme ailleurs, car nous refusons de contribuer à l’illusion démagogique qui consiste à faire croire qu’une action éducative est possible en prison.

Nous combattons

La logique de l’enfermement

Jusqu’en 1945, les mineurs délinquants étaient enfermés dans des bagnes pour enfants, colonies pénitentiaires, maisons de correction… Dans les années 70, les derniers centres fermés furent supprimés en raison de leur fonctionnement archaïque, violent et inadapté à unobjectif éducatif.

Depuis quelques années, la tentation d’un retour en arrière dans le traitement de la délinquance des mineurs est bien réelle : création de Centres d’Education Renforcée, Centres Éducatifs Fermés, et aujourd’hui des Établissements Pénitentiaires pour Mineurs, qui ne sont que l’aboutissement d’une politique fondée sur l’exclusion et la répression.

Nous pensons que la création des prisons aura une incidence sur le traitement judiciaire de la délinquance des mineurs, et le projet actuel d’abaissement de la majorité pénale de 18 à 16 ans confirme nos craintes : toujours plus d’enfermement pour créer l’illusion d’une paix sociale.

Nous savons qu’avec l’enfermement, il y a toujours des risques de dérive vers l’usage de la force physique ou de la maltraitance psychologique : c’est un phénomène bien connu, aussi vieux que l’enfermement lui-même. La vie ne s’apprend pas en prison, on n’y apprend que la haine de soi et de l’autre !

Une logique répressive et non pas éducative

Traiter la délinquance par les poursuites systématiques, l’incarcération ou la mise à l’écart dans des structures spécialisées témoigne d’une réponse à court terme. Les causes sociales, économiques de ces passages à l’acte sont éludées. Le jeune délinquant n’est plus un mineur en danger, mais un individu dangereux à enfermer !

Or, les adolescents ne sont pas des adultes ! Chaque année, 15 000 jeunes âgés de 16 et 17 ans sont interpellés plusieurs fois dans l’année. Ce sont pour beaucoup, des adolescents déscolarisés depuis l’âge de 14 ans, sans travail ni qualification, qui n’accèdent pas à un premier emploi. Se percevant comme inutiles, humiliés par les échecs répétés, ils « traînent »,
provoquent, commettent ensemble la plupart de leurs infractions. 3350 d’entre eux ont été incarcérés en 2006. Cependant 70% récidiveront malgré ce séjour en prison, alors que, par ailleurs, les centres éducatifs ouverts permettent une réinsertion pour plus de 60% des jeunes qui leur sont confiés ! Qui nous fera croire aux bienfaits des prisons pour enfants ?

Nous défendons

Une véritable prévention

Le mineur délinquant est d’abord un enfant en souffrance, et il convient de traiter les causes de cette souffrance plutôt que ses effets. Cette évidence connue des professionnels, doit orienter une véritable politique de prévention, d’aide et d’accompagnement, qui inclurait la justice saisie en amont, au civil et non au pénal, et une action éducative et non répressive. La société ne passerait alors plus autant de temps à tenter de rattraper les dommages causés à des mineurs dès leur plus jeune âge, dans l’indifférence ou l’incompétence non moins coupable de responsables politiques qui ne voient guère plus loin que la date des prochaines élections.

Une prise en compte de la réalité de l’adolescence

D’autres sanctions existent, qui réparent sans exclure, et permettent un nouveau départ pour des jeunes en danger que l’école, la famille, la pauvreté, la justice, ou la politique répressive ont conduit au ban de la société.

Nous devons ainsi nous engager dans la réussite de programmes ou projets éducatifs, de lieux de vie, d’internats qui structurent et aident ces adolescents, de dispositifs relais, de centres de jour, de maisons des adolescents, qui les fassent accéder à la culture, à l’éducation et à la formation.
L’efficacité des alternatives à l’enfermement des enfants est probante. Elle serait encore plus forte si elles étaient appuyées par des moyens conformes aux enjeux.

Le droit à l’insoumission éducative

Refuser de travailler en EPM n’est pas délaisser les mineurs délinquants, ou refuser le travail avec des jeunes incarcérés. En refusant d’exercer dans les prisons pour mineurs, il s’agit pour nous de bloquer ce système carcéral pour enfants, en contraignant justice et administration pénitentiaire à faire sortir ces jeunes des EPM comme des quartiers pour mineurs, pour leur permettre de suivre des cours, des formations, des entretiens, des soins et
ne pas les isoler, toujours plus, de la vie en société.
Nous serons solidaires de toute personne inquiétée pour son refus de travailler en EPM.

Les droits de l’enfant

La Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par l’Etat français en 1990 stipule que « Les États parties reconnaissent à tout enfant suspecté, accusé ou convaincu d’infraction à la loi pénale le droit à un traitement qui soit de nature à favoriser son sens de la dignité et de la valeur personnelle, qui renforce son respect pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales d’autrui, et qui tienne compte de son âge ainsi que de la nécessité de faciliter sa réintégration dans la société et de lui faire assumer un rôle constructif au sein de celle-ci (article 40) ».

Or la dignité et le sens de la liberté ne s’acquièrent pas dans la soumission, ni le respect de l’autre par le déni de soi, et la réintégration ne se prépare pas en prison. Les EPM sont criminogènes. Nous n’irons pas y travailler !

A Nantes le 1er décembre 2007


Ce texte s’inspire et s’inscrit dans la continuité de plusieurs écrits ou appels : pétitions contre la construction des EPM (Lavaur, Meyzieu, Orvault…), pétition « Les adolescents ne sont pas des adultes » contre l’abaissement de la majorité pénale (Philippe Meirieu), « l’échec prévisible des centres éducatifs fermés » et autres travaux du groupe CLARIS…. Nous souhaitons sa diffusion et son approbation la plus large, merci de nous informer de son utilisation, ou de son adaptation…

Messages

  • la place des enfants n’est pas en prison. mais que faire quand les (pseddo)aides n’ont pas permis que le minimun soit préservé ? DEs actes trés violents sont fait par des mineurs:viol scollectifs,séquestration,meurtres....La prison devient momentanément un lieu de pose,de réflexion,et de préparation de l’avenir.L’éducation nationale a sa place en temps qu’acteur et témoin de la réalisation d’un projet construtif pour adolescent.
    enseignante travaillant à l’epm de marseille

    • Plutôt que d’entrer dans une polémique pour savoir si l’éducation nationale a ou n’a pas de rôle à jouer dans les prisons pour mineurs, il nous semble plus constructif de poser la question de ce à quoi sert vraiment la prison pour le mineur ?
      Ci-dessous, la conclusion d’un texte de 2002, et quelques références, pour que tous puissent se faire une idée de ce à quoi vont contribuer les 460 "nouvelles" places des 7 "nouveaux" EPM.

      "Au 31 décembre 1997, il y avait un “ stock ” de 767 détenus mineurs. Au 1er juillet 2002, il y en avait 901... 900 jeunes qui feront quoi en sortant de prison ? Puisqu’en 2002, il faut une fois encore reconduire le constat multi-séculaire selon lequel on ressort de prison en plus mauvais état qu’on y est entré, faut-il s’étonner du fait que la grande majorité de ces jeunes retourneront tôt ou tard en prison ? Dès lors, ne doit-on pas poser pragmatiquement (et non plus simplement idéologiquement), le question du bien-fondé de la prison ? D’aucun répondront peut-être qu’il faut nécessairement “ neutraliser ” (le mot revient à la mode) de dangereux criminels, auteurs d’agressions sauvages, criminels ou violeurs. Ils mentiront. Environ les deux tiers des mineurs détenus ont été condamnés pour des atteintes aux biens ou à l’ordre public (affaires de drogues, altercations avec des policiers). Est-il véritablement profitable à la société de les envoyer dans des prisons d’où ils ressortiront plus désespérés, plus isolés et donc plus violents qu’ils y sont entrés ?

      Laurent Mucchielli, sociologue"

      Pour en savoir plus

      Zambeaux E., En prison avec des ados. Enquête au cœur de l’“ école du vice ”, Paris, Denoël, 2001.

      Chantraine G., 2000, La sociologie carcérale : approches et débats théoriques en France Déviance et société, 3, p. 297-318.

      Combessie P., 2001, Sociologie de la prison, Paris, La Découverte.

      Les cahiers de la sécurité intérieure, numéro thématique : “Prisons en société”, 1998, n°31.

      Informations sociales, numéro thématique : “ Enfermements ”, 2000, n°82.

      Observatoire International des prisons : http://www.oip.org

      Panoramiques, numéro thématique : “ Prisons : quelles alternatives ? ”, 2000, n°45."

      on peut aussi consulter le site

      http://prisonpourmineurs.monsite.wanadoo.fr/

      ou encore

      www.prison.eu.org

      ou même :
      http://prisons.free.fr/mineursincarceres.htm

      Et on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas...

      pour le GD 44

      Phil Dub.

    • Je trouve que vos travaux sont passionnants.
      Merci

  • 1 jeune se suicide à l’EPM de Meyzieu samedi 2 février.
    2 jeunes s’évadent de l’EPM de Marseille lundi 4 février.

    des infos ci-dessous.

    Nous avons écrits que les EPM était criminogènes, nous savons maintenant qu’ils sont également criminels...

    En Loire Atlantique, FR3 devrait faire un reportage ce soir (mardi 5/02) sur l’Arrivée des jeunes à Orvault.

    Nous approchons des 150 signatures du Manifeste (toutes ls signatures ne sont pas en ligne).
    Continuons à faire connaitre notre refus de collaborer à cette négation de l’enfance, car nous allons voir les discours sur le besoin d’ "encore plus de répression" se déchainer, dans l’opinion publique comme dans les syndicats de surveillants de la pénitentiaire.

    Un garçon de 16 ans s’est pendu dans sa cellule à Meyzieu

    JUSTICE - Pour la première fois, un adolescent s’est pendu dans un des établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM). Le premier ouvert en France, l’an passé. Cela s’est produit samedi matin, à Meyzieu (Rhône). Il avait 16 ans, avait été incarcéré le 17 décembre. Et s’est pendu au système d’aération de sa cellule. La direction régionale de l’administration pénitentiaire indique que le garçon avait déjà essayé, une semaine après son arrivée. Il s’était alors démis l’épaule en tombant dans sa tentative. Le suicide a été caché tout le week-end aux autres détenus, pour éviter une explosion. Car à Meyzieu, les incidents se multiplient l’ouverture, et la situation paraît intenable...

    L’EPM a accueilli ses premiers mineurs le 11 juin 2007. Huit jours plus tard, une partie des locaux étaient mis à sac, à coups de pieds et d’extincteur. Certains éducateurs et surveillants estiment que l’arrivée avait été mal préparée, le « cadre » mal posé. « Nous sommes dans une expérimentation qui change beaucoup le rapport aux lieux, aux règles, défend pour sa part Paul Louchouarn, directeur régional adjoint de l’administration pénitentiaire en Rhône-Alpes. Les EPM présentent des espaces plus ouverts, moins contenants. Cela peut déstabiliser des mineurs qui ont besoin de canaliser leur sentiment d’insécurité ».

    Aberrations.

    L’établissement cumule aussi les dysfonctionnements. Surveillants et éducateurs sont en sous-effectif, et censés travailler en « binôme », ce qui constitue une « révolution culturelle » délicate lorsqu’une partie des éducs découvrent le métier. La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) fait appel à de nombreux jeunes sortant de formation, et à des contractuels. « Il aurait fallu privilégier une montée en puissance très lente, comme nous l’avions préconisé, pour apprendre à travailler ensemble et s’adapter aux dysfonctionnements », estime Alain Dru, secrétaire général de la CGT PJJ. Au lieu de cela, l’ouverture a été très politique et très médiatique. Il fallait montrer vite que cela fonctionnait ». Et depuis, il faut cacher que cela fonctionne mal.

    Les professionnels n’ont pas été concertés avant la construction. Résultat  les aberrations s’accumulent. La psychologue ne dispose d’aucun bureau pour les entretiens en tête-à-tête. Elle s’installe au gré des salles disponibles. « Elle va bientôt pouvoir partager un bureau aux services médicaux », rassure Paul Louchouarn. Les éducateurs, censés préparer la sortie des mineurs, ne disposent pas de téléphone pour joindre les familles, les magistrats et les partenaires censés préparer la réinsertion. Pour appeler, ils allaient jusqu’à présent dans le bureau de la secrétaire de l’EPM. Une deuxième ligne a été installée dans un bureau à l’écart.

    Hiérarchie.

    Dans les premiers temps, les mineurs de Meyzieu ont par ailleurs fait face à une véritable suractivité. Sport, cours, activités culturelles, comme s’il fallait les occuper en permanence. Des journées interminables et qui tranchaient très brutalement avec l’inoccupation du quartier, ou de certains quartiers des mineurs. L’utilisation du temps judiciaire doit aider à préparer la réinsertion, « mais cela les a privé de l’espace de repli, de protection, que peut constituer la cellule, explique un éducateur. Ils étaient constamment en groupe, sous le regard des autres, et cela attisait aussi les tensions ».

    Le rythme de ces activités a un peu baissé, mais personnels et mineurs découvrent souvent le programme au jour le jour. « Où qu’il soit, un gamin a besoin de savoir le matin ce qu’il fera dans la journée, pointe Jean-Claude Vaupré, de la CFDT Justice. Il a besoin de rencontrer des adultes et des règles claires. » La hiérarchie est par ailleurs perçue par beaucoup comme trop « autoritaire », trop « rigide ». Selon un professionnel, « les surveillants, qui étaient très investis dans les quartiers pour mineurs, se retrouvent infantilisés, réduits au rôle d’exécutants. » L’inverse de ce que préconisent les règles pénitentiaires européennes.

    Passages à l’acte.

    La démobilisation serait forte, et selon les syndicats, les congés maladie et demandes de mutation en hausse. Paul Louchouarn répond que le taux d’absentéisme et de congé maladie est « plutôt inférieur à la moyenne régionale ». Mais il concède  « Je ne peux pas nier qu’il peut y avoir une déception par rapport aux attentes de personnels qui sont arrivés très motivés. » Certains surveillants avaient demandé l’EPM pour se rapprocher de Lyon. Tous les autres parce qu’ils voulaient s’investir autrement auprès d’adolescents. « Ils se sentaient éducateurs dans les quartiers pour mineurs, leur fonction s’est considérablement réduite à Meyzieu, observe Jean-Claude Vaupré. Ils se retrouvent à gérer des repas collectifs ingérables. Nous avons alerté de façon répétitive. A présent, il est temps de remettre à plat tout le projet ».

    La direction régionale relativise les problèmes de violence. Mais un magistrat parle d’un « mélange explosif », d’une « spirale folle ». Une surveillante a été envoyée à l’hôpital, cette semaine, par deux des jeunes filles qui viennent de rejoindre l’EPM. « Des mineurs qui ne bronchaient pas en maison d’arrêt deviennent des caïds à Meyzieu », observe un professionnel. La plupart des pensionnaires vont mal. Vendredi 25 février, l’un d’eux a mis le feu à sa cellule, en transformant son tee-shirt en torche pour le jeter dans la cour. Il multipliait les « comportements à risque ». Huit jours plus tard, il s’est pendu.
    Ol.B.
    (source libé Lyon)

    Double évasion à la prison pour mineurs de la Valentine
    Publié le lundi 4 février 2008 à 16H02

    Deux adolescents de 16 et 17 ans se sont évadés, hier vers 16h, de l’établissement pénitentiaire pour mineurs de la Valentine (11e). Les adolescents auraient escaladé un panneau de basket pour accéder à la toiture, avant de sauter à l’extérieur de l’enceinte de la prison. Il s’agit de la première évasion de l’EPM de Marseille, ouvert en novembre dernier, qui accueille une cinquante de mineurs multirécidivistes. La CGT, qui dénonce le manque d’effectifs pour la surveillance, réclame la mise en place d’urgence d’une table ronde.

    source : La Provence (éditions des Bouches-du-Rhône et Marseille)

    Deux mineurs s’évadent d’une prison marseillaise
    Par La rédaction du Post , le 04/02/2008

    Les deux jeunes gens ont enjambé différentes clôtures après être montés sur le toit de l’Etablissement pénitentiaire de Marseille (Bouches-du-Rhône.)
    Deux mineurs se sont évadés dimanche de l’Etablissement pénitentiaire pour mineurs de Marseille. Ce sont les premières évasions depuis son ouverture début novembre 2007, apprend-on lundi auprès de l’administration pénitentiaire.
    AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

    Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de cette double évasion, confirmant des informations de l’Union générale des syndicats pénitentiaires CGT de Provence-Côte-d’Azur et Corse qui a dénoncé de son côté "le laxisme" de l’administration.

    Selon un communiqué de la CGT, "les deux mineurs concernés ont tout
    simplement enjambé les différentes clôtures après être montés sur le toit de leur unité".

    De source policière, les jeunes se sont notamment agrippés à un panneau de basket. Aussitôt les faits connus, vers 16H30 dimanche, un représentant du syndicat s’est rendu sur place pour constater que "la politique minimaliste de l’administration en termes de moyens humains a des conséquencse catastrophiques concernant la sécurité".

    Le syndicat dénonce également une "série de violences qu’a récemment connues l’Etablissement pénitentiaire pour mineurs de Marseille" et réclame "la mise en place urgente d’une table ronde afin de faire une évaluation de la situation et prendre les mesures qui s’imposent".

    L’Etablissement pénitentiaire pour mineurs de Marseille, quatrième
    établissement de ce type à ouvrir ses portes en 2007 en France et susceptible de prendre en charge soixante mineurs, avait connu dès son ouverture en novembre un mouvement de grève observé par une quinzaine d’éducateurs à l’appel de la CGT
    source : le post.fr
    5 février

    Groupe Départemental 44
    Revue L’Emancipation Syndicale & Pédagogique
    Emancipation Tendance intersyndicale
    c/o FSU - 8 place de la Gare de l’Etat
    44276 Nantes cédex 2
    emancipationgd44@no-log.org
    http://www.emancipation.fr/emancipa/
    http://pays-de-la-loire.emancipation.fr/

  • texte trouvé sur rebellyon

    En soutien à la famille et aux proches du jeune de 16 ans mort au sein de la prison pour mineurs de Meyzieu, en soutien aux détenus, devant l’échec total des prisons pour mineurs, venons manifester à Meyzieu ce samedi 9 février 2008 :
    rendez-vous à
    15h30 devant la mairie.

    Le vendredi 25 janvier, à la nouvelle prison pour mineurs, appelée
    pudiquement EPM (Etablissement Pénitentiaires pour Mineurs) à Meyzieu, dans la banlieue de Lyon, un jeune détenu met le feu à sa cellule, en transformant son tee-shirt en torche pour le jeter dans la cour. Malgré ce sérieux appel au secours et malgré les avertissements d’éducateurs extérieurs indiquant clairement que la place de ce jeune n’était pas en prison, la juge des enfants a décidé récemment de prolonger encore son emprisonnement. Huit jours plus tard, il est retrouvé mort, pendu au système d’aération de sa cellule.

    L’administration pénitentiaire, redoutant une nouvelle explosion au
    sein de la prison, décide alors de camoufler cette mort pendant tout le week-
    end. L’info finit pourtant par sortir le lundi 4 février et provoquer dès mardi
    quelques remous politico-médiatiques.

    Les EPM, qui avaient été médiatisés bruyamment comme des prisons
    "humaines","éducatives", "conviviales" se sont révélés depuis leur ouverture un
    désastre aussi glauque que prévisible : intervention brutale de milices de super-
    matons cagoulés (ERIS) pour mater les jeunes détenus, pédagogie du remplissage frénétique pour occuper et observer les jeunes en permanence sans leur laisser d’espaces de repli, déprime et protestations des personnels contractuels et matons ayant conservé un recul critique ou tout simplement flippés par la situation, obstination des bureaucrates d’une structure ultra-hiérarchisée malgré la tension qui grimpe...

    Face à ce désastre, les jeunes détenus se révoltent par des mutineries,
    (destruction d’une partie des locaux de Meyzieu quelques jours après
    l’arrivée des détenus), hurlements entendus par le voisinage, rebellions
    quotidiennes et évasions (comme récemment à la prison pour mineurs de Marseille) ou beaucoup plus tristement ici par des voies de fuite individuelles et suicidaires. Mais après s’être tant vanté de ses solutions miracles à la délinquance des jeunes, l’État s’efforce maintenant de camoufler les cadavres...

    Nous appelons à un rassemblement contre ces structures d’enfermement
    pour mineurs

    le samedi 9 février
    Rendez-vous à 15h30 devant la mairie de Meyzieu pour aller jusqu’à la
    prison pour
    mineurs dans le quartier du Mathiolan

    - pour apporter un soutien à la famille et aux proches de ce jeune
    mort le 2 février au sein de la prison pour mineurs de Meyzieu ;

    - pour apporter un soutien aux détenus et à leurs familles ;

    - parce que nous pensons qu’il est crucial de visibiliser ce qui se
    passe réellement dans ces prisons.

    Nous appelons à des rassemblements similaires devant les EPM déjà
    ouverts ou encore en construction en France. Nous espérons rassembler dans ce sens tout ceux qui s’insurgent contre les politiques sécuritaires actuelles, la
    répression policière et l’enfer des prisons françaises. Rappelons à ce titre que le type de décès survenu à Meyzieu, suicides maquillés ou non, sont relativement
    fréquents en France dans les prisons classiques.

    Le rassemblement de samedi est aussi un appel à se montrer solidaire
    avec tout-es celles et ceux qui pourraient connaitre les geôles de l’État pour
    leur engagement anti-carcéral.

    (la suite sur rebellyon...)

    Voir en ligne : Manifestation à Meyzieu contre les prisons pour mineurs

  • bonjour à tous...
    j’ai juste un petit problème avec cet appel c’est que je suis éduc pjj en formation et que ma titularisation va dépendre de mon rang de classement qui dépend lui même de mes notes obtenues lors des stages et autres épreuves...
    bref je ne suis pas dans une situation de choix...soit j’accepte cette place en epm soit je démissionne ! qui va nourrir ma famille ?
    je pose cette question sans désir de polémique inutile surtout que je suis bien convaincu que l’enfermement n’est pas la solution miracle mais qu’elle répond à bien d’autres objectifs politiques de choix de société... mais je m’interroge sur ce genre d’appel étant donné ma position... surtout que je contaste que bon nombre des signataire ne seront jamais appelés à y travailler... à moins que dans l’avenir après la perte d’un emploi ils ne soient amenés à postuler pour exercer dans un epm en tant que contractuel...
    MERCI de votre attention...
    stéphane...

    • Ta remarque stéphane est tout à fait juste, et il est facile pour les gens de l’éducation nationale (que nous sommes, pour celles et ceux à l’origine de ce Manifeste) de refuser d’aller travailler en EPM, quand il s’agit pour eux (pour l’instant encore) de volontariat, et donc une affirmation de principe...

      C’est plus inconfortable, mais également assez simple pour les "vieux" éduc PJJ, qui n’ont pas le problème de première affectation, et ont donc une plus grande liberté de choix et d’affirmation...

      Notre volonté en appelant à ne pas aller travailler en EPM, n’était pas de créer des difficultés aux sortants de formation, ou de stigmatiser ceux et celles qui n’ont pas d’autre choix. Il s’agit de créer un débat et de refuser la banalisation de l’enfermement des mineurs.

      Il est donc important de pouvoir dire qu’on ne veut pas de ce travail là, tout en sachant qu’il faut parfois savoir se résigner à certaine chose (le travail obligatoire) sans abdiquer sur le fond (l’opposition à l’enfermement des mineurs) et trouver les moyens, malgré les différences, de batailler ensemble contre ces aberrations que sont les prisons pour enfants, et la criminalisation d’une certaine jeunesse.

      Phil, pour le GD 44

    • je me pose beaucoup de questions sur les conditions et le sens du travail à mener dans ce type d’établissement... et cela va bien entendu jusqu’à la problématique d’accepter ou non un poste en epm...ca va pas être simple !
      en tous cas merci pour les infos que vous distillez et bon courage pour votre combat car l’enfermement est décidément dans l’air du temps et par conséquence dans beaucoup de têtes !

    • pardon j’ai pas signé mon message : stéphane.

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